• Donc, l'enfant dessina le roi
    Avec un splendide uniforme.
    Puis, des bataillons de soldats,
    Avec le fusil sur l'épaule.

    La Paix par Maurice Carême (1899-1978).


    Il mit, devant eux, des canons
    Montés sur des chariots énormes.
    Et, tout au dessus, des avions,
    Effrayants comme des fantômes.

    La Paix par Maurice Carême (1899-1978).


    Ensuite, il s'écria : " Je suis
    La paix ! " Alors, dans son étui,
    Il prit sa gomme préférée,

    La Paix par Maurice Carême (1899-1978).

    Et, de quelques coups vigoureux,
    Il effaça toute l'armée,
    Et ajouta : " Béni soit Dieu ! "

    Maurice Carême


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  • Ah! proclamons les vérités absolues. Déshonorons la guerre. Non, la gloire sanglante n'existe pas. Non ce n'est pas bon et ce n'est pas utile de faire des cadavres. Non, il ne se peut pas que la vie travaille pour la mort."

    ( Victor Hugo. discours pour le centenaire de Voltaire )

     

     Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
    Berceuse du chaos où le néant oscille,
    Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
    Toute pleine du bruit furieux des clairons,
    Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
    Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
    Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
    Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
    Folle immense, de vent et de foudres armée,
    A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
    Si tes écroulements reconstruisent le mal,
    Si pour le bestial tu chasses l’animal,
    Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
    Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

    Victor Hugo

     


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  •  Le corbeau voulant imiter l'aigle

    L'Oiseau de Jupiter enlevant un mouton,
    Un Corbeau témoin de l'affaire,
    Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton,
    En voulut sur l'heure autant faire.
    Il tourne à l'entour du troupeau,
    Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau,
    Un vrai Mouton de sacrifice :
    On l'avait réservé pour la bouche des Dieux.
    Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux :
    Je ne sais qui fut ta nourrice ;
    Mais ton corps me paraît en merveilleux état :
    Tu me serviras de pâture.
    Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat.
    La Moutonnière créature
    Pesait plus qu'un fromage, outre que sa toison
    Etait d'une épaisseur extrême,
    Et mêlée à peu près de la même façon
    Que la barbe de Polyphème.
    Elle empêtra si bien les serres du Corbeau
    Que le pauvre animal ne put faire retraite.
    Le Berger vient, le prend, l'encage bien et beau,
    Le donne à ses enfants pour servir d'amusette.
    Il faut se mesurer, la conséquence est nette :
    Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs.
    L'exemple est un dangereux leurre :
    Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs ;
    Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure.

    Jean de la Fontaine - Les Fables

    Le corbeau voulant imiter l'aigle

    Le Corbeau voulant imiter l'aigle est la seizième fable du livre II  de Jean de La Fontaine ( situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668).

     


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  •  

    Pour un art poétique ...

     

    Prenez un mot prenez en deux
    faites les cuir’ comme des oeufs
    prenez un petit bout de sens
    puis un grand morceau d’innocence
    faites chauffer à petit feu
    au petit feu de la technique
    versez la sauce énigmatique
    saupoudrez de quelques étoiles
    poivrez et mettez les voiles
    Où voulez vous donc en venir ?
    A écrire Vraiment ? A écrire ?

    Raymond Queneau


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  •  

    Brésilien, poème en acrostiche ...

     

    B elle est la fête, tous les jours,
    R ythme dans la peau s'éclate sur la plage,
    É difice de la danse, les pas se déchainent,
    S alsa dans toutes les rues ensoleillées,
    I déalise tous les mouvements du corps,
    L ibère les sourires endiablés d'un soir,
    I nvite tous les passants à chanter,
    E nflamme les pas des beautés magnifiques,
    N octambule des joies du présent.

    Hortensia


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