• Première étape pour le débat sur la fin de vie à l'Assemblée

    Les députés débattent, ce mercredi après-midi, de la fin de vie, sujet délicat qui dépasse les clivages politiques traditionnels, en prélude à l'examen en mars d'une proposition de loi PS-UMP visant au consensus autour d'un droit des malades incurables à une "sédation profonde et continue".

    Le débat de la fin de vie sera-t-il enfin «apaisé», après plus de deux ans de consultations lancées par François Hollande? Le ton sera donné lors du débat sur une nouvelle législation qui s'ouvre mercredi à l'Assemblée nationale. Ce premier échange dans l'Hémicycle, sans vote, aura un socle plus large que la nouvelle proposition de loi des députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS), soutenue sans réserve par le président de la République. Cette dernière ne devrait arriver en séance qu'en mars prochain.

    En attendant, l'échange programmé mercredi devance opportunément une autre proposition de loi, celle de la députée écologiste Véronique Massonneau, pour la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Ce texte sera examiné le matin même en commission des affaires sociales et le 29 janvier dans l'Hémicycle.

    Mercredi, ce sera au premier ministre de lancer le débat. Manuel Valls, lui-même rapporteur en 2009 d'un texte du PS pour une aide active à mourir, s'est aujourd'hui rangé du côté des propositions d'Alain Claeys et de Jean Leonetti qu'il a jugées «équilibrées» avant d'ajouter qu'il était important d'avancer, quitte à le faire «par paliers progressifs». Après son introduction, les prises de position des orateurs des différents groupes politiques donneront un premier aperçu des échanges qui animeront l'Hémicycle en mars.

    Alain Claeys et Jean Leonetti, qui ont voulu faire de leur travail un symbole d'une possible unité autour d'un sujet qui divise, espèrent, bien entendu, une discussion sereine autour du renforcement des droits des malades et du refus de l'acharnement thérapeutique. Les deux parlementaires ont écarté l'euthanasie et le suicide assisté pour s'orienter vers une «troisième voie», afin de mieux répondre à la souffrance au seuil de la mort. Leur texte instaure un droit à une sédation «profonde et continue» en toute fin de vie dans des cas très précis - comme un droit de «dormir avant de mourir». Il rend également contraignantes pour les médecins les directives anticipées, ces dernières volontés médicales d'un patient hors d'état de s'exprimer.

    Ces dispositions, qui ne révolutionnent pas la loi de 2005 sur la fin de vie - déjà rédigée par Jean Leonetti - mécontentent les militants de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) qui reprochent à François Hollande d'avoir trahi ses engagements de campagne. Mais le texte effraie également plusieurs associations anti-euthanasie rassemblées sous la bannière «Soulager mais pas tuer» et menées par Alliance Vita, une des composantes de la Manif pour tous. Le collectif appelle à une journée nationale de mobilisation ce mercredi pour mettre en garde contre «une surenchère parlementaire vers l'euthanasie explicite» et «la menace de la légalisation d'une euthanasie masquée».

    La proposition du duo de parlementaires a cependant reçu le soutien de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). Cette dernière avait estimé en décembre que leur texte ne franchissait pas la ligne jaune et ne portait pas «les germes d'une dérive euthanasique».

    Du côté de l'UMP, le député Philippe Gosselin prendra notamment la parole pour appeler à la prudence et demander une montée en charge des moyens accordés aux soins palliatifs. «Nous sommes satisfaits de l'abandon du projet de légiférer l'euthanasie et le suicide assisté, mais nous attendons des éclaircissements», avertit l'élu de la Manche. «Ce débat sera aussi un test pour voir comment la majorité gère ses contradictions alors que certains députés de gauche, radicaux et écologistes veulent aller beaucoup plus loin», estime-t-il. Au PS, la parole sera notamment donnée à la ministre de la Santé, Marisol Touraine et à l'ex-ministre des Personnes âgées, Michèle Delaunay. Mais aussi à un député favorable à l'euthanasie. «Il faut que toutes les sensibilités puissent s'exprimer», prévient Alain Claeys.

    Avant l'ouverture des discussions par Manuel Valls à 16H15, des rassemblements anti-euthanasie, d'ampleur limitée, ont été organisés à la mi-journée dans plusieurs villes, à l'appel d'associations rassemblées sous le sigle "Soulager mais pas tuer", avec en tête Alliance Vita, proche de la Manif pour tous.

    Ils étaient notamment quelque 300 personnes à proximité du Palais Bourbon pour dénoncer un projet d'"euthanasie masquée", 120 à former une chaîne humaine à Nantes, 70 à Rennes, 40 à Bordeaux.

    Soulager mais pas tuer est un mouvement unitaire qui rassemble des professionnels et des usagers de la santé, tous engagés pour protéger la France de la dérive euthanasique. Il se situe au-delà des diversités philosophiques, culturelles, professionnelles et des sensibilités politiques.

    Parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique dont la vie a été rendue célèbre par le film Intouchables,  le mouvement Soulager n’est pas tuer, est soutenu par plusieurs associations du monde médical et de mouvements de citoyens concernés :
    Alliance VITA, qui anime le service d’aide et d’écoute SOS Fin de vie. Alliance VITA a été auditionnée dans le cadre de la mission Sicard (2012) et plus récemment par la mission Claeys/Leonetti (2014). Tugdual Derville, son délégué général, est auteur de La Bataille de l’euthanasie, Salvator, 2012.
    Soigner dans la dignité, une association qui regroupe des futurs médecins issus de toute la France, de la deuxième année d’études à la fin de l’internat.
    Convergence Soignants Soignés, une initiative conjointe de professionnels de la santé et d’autres personnes qui se sentent concernées par la sauvegarde de la confiance entre soignants et soignés.
    100% VIVANTS, un groupement de personnes concernées par le handicap qui veulent défendre le droit des personnes handicapées d’être considérées comme pleinement dignes, dignes de vivre et de prendre place dans la société, quelle que soit la lourdeur de leur handicap.
    Institut Européen de Bioéthique, basé en Belgique, une initiative privée d’un groupe de citoyens (médecins, juristes, scientifiques…) une structure destinée à procurer une information fiable sur les avancées de la médecine et de la biologie, et à susciter une réflexion la plus large possible sur leur portée et leurs enjeux.

    Première étape pour le débat sur la fin de vie à l'Assemblée

    Que diriez-vous si vous regardiez votre père, dans une phase terminale de cancer, souffrir (même sous très hautes doses de morphine , attaché à son lit, pour qu' il ne se fasse pas mal ), être nourri par une sonde qui lui fait mal, se faire sous lui, ne pas vous reconnaître et enfin, être réduit à l' état de légume ?

    Réfléchissez-y !!!

    Première étape pour le débat sur la fin de vie à l'Assemblée

    « Comme cette tortue ...Il parait qu'aujourd'hui, c'est la journée des câlins... »

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