• Quatre grands résistants font leur entrée au Panthéon

    Quatre héros de la Résistance font leur entrée ce mercredi 27 mai au Panthéon à Paris.

    Deux hommes et deux femmes rejoignent ainsi les 70 autres personnalités qui ont fait l'Histoire, dont Émile Zola ou Jean Moulin font partie. Pour l'occasion, François Hollande prononcera un hommage en leur honneur :

    Geneviève de Gaulle, Germaine Tillon, Pierre Brossolette et Jean Zay.

    A 09h00, l'orchestre et le choeur de Paris Sciences et Lettres ont entonné le chant des partisans puis la Marseillaise devant la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, le président du Sénat, Gérard Larcher, et le recteur et chancelier des universités de Paris, François Weil.

    Les représentants des autorités ont déposé une gerbe, avant d'échanger quelques mots avec les familles et proches de ces figures de la Résistance, dont les deux filles de Jean Zay.

    "C'est une très belle cérémonie", a commenté la ministre de l'Education, se disant "très émue". "C'est une façon de dire ce que nous devons à ces quatre figures, ce que la République leur doit, ce que la Nation leur doit, mais aussi l'école", a-t-elle déclaré.

    "Que le monde de l'école, de la jeunesse, de l'université ait pu rendre cet hommage, c'est comme un avant-goût de la panthéonisation", a-t-elle poursuivi.

    Les quatre cercueils quitteront l'université pour arriver à 17H20 précises sur le parvis du Panthéon. Quelques instants plus tard, le chef de l'Etat prononcera un long discours pour célébrer ces quatre personnalités qui "ont porté haut les valeurs de la République". Il sera ponctué par la Marseillaise avant que les portes du Panthéon ne s'ouvrent pour l'entrée des cercueils aux accents du "Chant des partisans".

    Mardi, une première cérémonie s'était tenue en présence des membres des familles des résistants, d'étudiants, de la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

    Seulement quatre femmes, beaucoup de Parisiens, de militaires et majoritairement entrés sous l'Empire, un an à peine après leur mort... La composition des «grands hommes» du Panthéon ne reflète pas véritablement la société française. Portrait-robot des 75 «panthéonisés» de la montagne Sainte-Geneviève.

    http://www.leparisien.fr/politique/interactif-les-pantheonises-en-chiffres-26-05-2015-4804849.php

    Panthéon: quatre grands résistants font leur entrée

    Pour l’occasion, des portraits géants des quatre « panthéonisés » signés par l’artiste Ernest Pignon-Ernest ont été tendus entre les colonnes de ce temple républicain.
     
    Mais qui sont ces personnalités ?

    Portrait de ces quatre figures de la Résistance qui rejoignent Victor Hugo, Voltaire ou Jean Jaurès.

     Pierre Brossolette, l’intellectuel brillant

    Panthéon: quatre grands résistants font leur entrée

     

    C’est l’un des chefs les plus prestigieux de la Résistance. Pierre Brossolette préféra la mort plutôt que de livrer ses secrets sur la France libre. Né en 1903 à Paris dans une famille laïque, républicaine et socialiste, il est reçu premier à Normale sup et décroche l’agrégation d’histoire. Après avoir travaillé au journal de Léon Blum, Populaire, Pierre Brossolette entre dans la clandestinité dès 1941. Il avait été interdit d’enseigner par Vichy. A Londres, il se rallie à de Gaulle mais reste un indiscipliné et s’oppose à Jean Moulin. Il est arrêté en Bretagne puis est torturé pendant deux jours au siège parisien de la Gestapo. Le 22 mars 1944, il se jette par la fenêtre sans avoir parlé.

    Geneviève de Gaulle-Anthonioz, la combattante infatigable

    Panthéon: quatre grands résistants font leur entrée

     

    Nièce du général, Geneviève de Gaulle-Anthonioz a combattu toute sa vie ce qu’elle appelait "l’inacceptable". Etudiante en histoire, elle rejoint le Réseau du Musée de l’Homme, un des premiers créés à Paris. Dénoncée et arrêtée en 1943, elle est internée à Fresnes, puis déportée en janvier 1944 à Ravensbrück. Elle y côtoiera notamment Germaine Tillion. Une histoire qu’elle ne racontera qu’à la fin de sa vie dans La traversée de la nuit. Revenue de l’enfer, elle travaille au ministère de la Culture avec André Malraux. Mais, en 1958, elle fait la rencontre du père Joseph Wresinski, créateur du mouvement "Aide à toute détresse", qui deviendra ATD Quart-Monde. En 1964, elle prend la tête de l’association. En 1998, elle est la première femme décorée de la Grand-Croix de la Légion d’honneur. Elle décède en 2002.

    Germaine Tillion, l’ethnologue héroïne de la Résistance

    Panthéon: quatre grands résistants font leur entrée

     

    Héroïne de la résistance, grande ethnologue, inlassable combattante des droits de l’homme...Tous ces qualificatifs s’appliquent à Germaine Tillion. Née en 1907 dans une famille d’intellectuels catholiques, elle fût l’élève du sociologue Marcel Mauss et partit enquêter en 1934 dans les Aurès sur la population berbère. Elle participa à la création du Réseau Musée de l’Homme avant d’être déportée trois ans à Ravensbrück avec sa mère qui n’en reviendra pas. A son retour des camps, elle travaillera au CNRS et à l’Ecole pratique des Hautes Etudes. En 1955, elle renoue avec l’Algérie où elle analyse les dysfonctionnements de la société coloniale, enquête sur la torture. Elle meurt en 2008.

    Jean Zay, le ministre visionnaire

    Panthéon: quatre grands résistants font leur entrée

     

    Jean Zay a tout simplement un parcours extraordinaire. Né en 1904, ce républicain profondément humaniste se lance en politique aux côtés de la gauche radicale, après avoir été journaliste et avocat. Plus jeune député de France à 27 ans, puis ministre de l’Education du Front populaire à 31 ans, Jean Zay démocratise l’enseignement et la culture. On lui doit la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, l’éducation physique à l’école, l’interdiction du port d’insignes politiques et religieux dans les établissements scolaires. Jean Zay est aussi le fondateur du Festival de Cannes, celui qui a l’idée du Palais de la Découverte, du CNRS ou de l’ENA. Il démissionne dès le 1er septembre 1939, pour rejoindre son poste aux armées, et s'embarque avec 26 autres parlementaires pour Casablanca à bord du "Massilia". Arrêté à Rabat, le 16 août 1940, renvoyé en métropole, il est condamné pour "désertion" à la déportation perpétuelle et à la dégradation militaire. Il croupit près de quatre ans en prison. Le 20 juin, il est tiré de sa cellule et abattu dans une carrière abandonnée. Plus tard, l’un de ses assassins arrêté dira qu’il est mort en s'écriant: "Vive la France".

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