• « Sarkozy the American » ?

    L’accueil est frais pour « Les Républicains », le nouveau nom que devrait prendre l’UMP au cours de son prochain congrès fondateur du 30 mai. Déjà approuvée par l’ensemble des ex-Premier ministres, selon une source proche de l’UMP, l’idée voulue par Nicolas Sarkozy déplaît aux Français comme aux sympathisants du parti.

    Selon un sondage Odoxa pour I-Télé, deux tiers des Français disent préférer l’acronyme UMP à ce nouveau nom (66 % contre 32 %). L’appellation « Les Républicains » ne plaît pas davantage aux sympathisants de droite et de l’UMP, qui préfèrent, à 57 % et 56 %, l’ancien nom « UMP ».

    L’opinion publique juge, en effet, que ce nouveau nom fait « trop américain » (pour 55 % des Français et 53 % des sympathisants UMP). Pour Gaël Sliman, « cela renvoie sans doute à une image déjà ancrée d’un Sarkozy faisant déjà ’trop américain’ aux yeux des Français. Le fameux ’In France, they call me Sarkozy the American’ prononcé par l’ex-président lors de sa première visite aux Etats-Unis ».

    La référence au Parti Républicain américain, qui rassemble dans un même parti modérés et conservateurs du T-Party, a déjà été pointée par Marine Le Pen ainsi que par les juppéistes et fillonistes. « C’est assez logique : à l’heure où la gauche au gouvernement ressemble de plus en plus au parti Démocrate américain, il peut sembler assez naturel que la droite française cherche à s’inspirer de sa cousine américaine », juge Gaël Sliman, président d’Odoxa.

    Or, selon Olivier Aubert de l’agence de publicité Asap ayant conçu et déposé le logo « Les Républicains » pour l’UMP, ce choix s’inscrirait davantage dans une posture gaullienne cherchant à se placer au-dessus des partis à l’heure où ceux-ci sont « archaïques et impopulaires », explique-t-il aux Echos. Une posture qui n’est semble-t-il pas comprise par l’opinion puisque « Les Républicains » est considéré comme « trop consensuel » ou banal pour 35 % des Français et 36 % des sympathisants UMP.

    Les Français se montrent, en outre, globalement très conservateurs quant au nom des partis : 74 à 78% des Français jugent que leur parti ne devrait pas changer de nom, selon ce sondage Odoxa. 61% des sympathisants de l’UMP ne souhaitent pas du tout que leur parti change de nom.

    Longtemps les Français ont eu la conviction que la République était leur bien commun, qu'à de rares exceptions près, ils étaient tous républicains qu'elles soient les divergences politiques, idéologiques, culturelles ou religieuses. Cette certitude d'un bien commun et partagé, paradoxalement, fut renforcée quand le régime de Vichy mît à mal la République, quand pétainistes et collabos trahirent les valeurs de la République. Jamais de Gaulle ne songea un seul instant à rapter la République à son profit exclusif; jamais il n'eut l'impudence de faire savoir que seuls, parmi les Français, les électeurs "gaullistes" pouvaient se revendiquer comme d'authentiques républicains. Il ne dénia même jamais cette qualité aux communistes, alliés de la Russie soviétique.

    Nicolas Sarkozy n'a pas ce genre de pudeurs.

    Ce déni de républicanisme chez lui n'est d'ailleurs pas nouveau. Au cours de sa première campagne présidentielle en 2007, il avait choisi de s'attaquer aux socialistes dans ces termes : "Qu'ont fait les socialistes pour la République? Rien ! Qu'ont-ils l'intention de faire? Pas davantage. Les socialistes de jadis étaient d'abord des républicains. Les socialistes d'aujourd'hui sont d'abord des socialistes. Ils ne sont pas préoccupés par l'avenir de la République. Ils sont préoccupés par l'avenir du socialisme. Ils n'ont pas tort : la République est toujours une idée neuve tandis que le socialisme est déjà une idée morte". Violence dans les mots pour disqualifier l'adversaire; privatisation de ce qui est censé appartenir à tous les Français... 2007-2015... Décidément, Nicolas Sarkozy n'a pas varié d'un iota.

    Au sein de (l'ex) UMP, l'accueil, hormis au sein du premier cercle sarkozyste, n'est guère enthousiaste à l'annonce de ce nouveau nom. Les proches d'Alain Juppé et de François Fillon renâclent, même s'ils n'osent pas l'exprimer haut et fort. Ils ont aussitôt compris la référence au parti républicain de... Bush, de Reagan et du Tea Party. Mais Sarkozy ne leur a pas demandé leur avis. L'ouverture et le dialogue ont tout de même des limites...

    Dans l'esprit de l'ex-président, et c'est pour cela qu'il s'est laissé convaincre par ses principaux conseillers - Pierre Giaccometti, Jean-Michel Goudart et Franck Louvrier -, cette appellation doit lui permettre de combattre Marine Le Pen d'une manière plus frontale encore.

    Un fait majeur affole Sarkozy: Marine Le Pen s'est emparé à son profit de deux concepts - la République et la laïcité -, par définition étrangers à son parti, à l'extrême droite et à l'histoire familiale dont elle est issue. Un tour de passe-passe politique avec des conséquences électorales dangereuses. Le président de l'UMP a décidé de réagir. En mimant Marine Le Pen. Laurent Wauquiez, le secrétaire général de l' UMP, a d'ailleurs fait un curieux aveu, justifiant ce nouveau nom, "Les Républicains", par la nécessité "d'en finir avec le slogan UMPS". Wauquiez donne ainsi... raison à la présidente du FN, il crédibilise son accusation du "tous pareils, tous pourris". Dès lors, on comprend mieux pourquoi Niclas Sarkozy réplique à Marine Le Pen en la plagiant.

    République-laïcité, laïcité-République... À force de les répéter, ils finiront par les user.

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