• Skid Robot, l'homme qui dessinait les rêves des SDF

     Skid Robot, l'homme qui dessinait les rêves des SDF

    Artiste de rue, Skid Robot cache son identité derrière un masque d' argent qui reflète, comme un miroir, la misère des pauvres de Los Angeles dont il peint la réalité avec des graffitis ...

    Ce graffeur américain imagine chaque nuit les rêves des sans-abri du quartier de Skid Row, à Los Angeles. Son action dépasse le champ purement artistique.

    Connu pour être le quartier abritant le plus de sans-abri au monde, Skid Row (Los Angeles) est aussi le terrain de jeu d'un street artist au visage masqué. Skid Robot, dont on n'apprendra rien de plus que le surnom, arpente inlassablement les rues de la capitale des déshérités. Une fois la nuit tombée, quand la police baisse sa garde, le graffeur sort de sa cachette et peint ce qu'il imagine être les rêves des SDF endormis. Ils sont plusieurs milliers à coucher à même le trottoir ou dans des tentes déchiquetées.

    Sur les murs, les façades des magasins ou même les vitres d'abribus, Skid Robot dessine le plus souvent des phylactères, dans lesquelles il introduit par exemple des ours en peluche, des parts de pizza ou des liasses de billets. Il utilise aussi le décor pour voir plus grand, et imaginer autour des matelas abimés d'extravagants lits à baldaquin. Ben, sans-abri handicapé récemment sorti de l'hôpital, est dépeint au sommet d'un château, installé sur un trône qui ferait presque oublier son fauteuil roulant. "Il a été jeté de l'hosto sans chaussures, raconte Skid Robot. Il avait reçu une balle dans le dos et était incapable de marcher."

    À l'origine, Skid Robot était un artiste en manque d'inspiration. "Je n'arrêtais pas de dire à ma copine que je voulais faire quelque chose de différent, arrêter de simplement peindre mon nom ou celui de mon crew. Alors que nous nous baladions, un soir, nous sommes passés devant un SDF, étendu près d'un feu tricolore. Elle m'a demandé de l'imaginer en train de rêver d'argent. J'ai trouvé l'idée brillante, garé la voiture et pris ma bombe de peinture." Au virage suivant, l'artiste remarque une tente, posée devant un restaurant. "Pour moi, elle aurait dû se trouver dans une forêt, pas sur le trottoir d'une ville. Je suis descendu et ai dessiné sur le mur ce à quoi aurait ressemblé mon paysage idéal."

    D'abord gêné d'exploiter la misère des sans-abri et "d'envahir" leur espace, Skid se voit comme un "enfoiré". Rapidement, il commence à préparer des sacs de nourriture, achète des bouteilles d'eau et collecte articles de toilette et vêtements issus de dons. Le dialogue est plus facile. "Je ne voulais pas leur faire de tort, explique-t-il. La vie est dangereuse à Skid Row, et les SDF sont bien souvent paranoïaques. Quand je les réveille, il m'arrive d'être confronté à des réactions négatives. Une nuit, une femme m'a menacé avec un couteau."

    Skid Robot, bien que contraint d'agir dans l'illégalité (les graffitis sont interdits), est convaincu de pouvoir éveiller les consciences et changer la perception des passants. Aujourd'hui, les SDF ayant "profité" de son art susciteraient davantage de curiosité et recevraient chaque jour plus d'argent. "C'est gagnant-gagnant, se réjouit l'artiste. Pour avoir la chance de prendre une photo, les piétons n'hésitent pas à donner. Ils retrouvent un semblant d'humanité, une notion en perdition aujourd'hui."

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