• Vivendi conserve « Les Guignols », mais renvoie le numéro 2 de Canal+

    Lors d’un comité d’entreprise de Vivendi, vendredi 3 juillet, Vincent Bolloré, le président du groupe, a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de supprimer « Les Guignols », selon une source proche du dossier, confirmant une information de Télérama.

    Vivendi conserve « Les Guignols », mais renvoie le numéro 2 de Canal+

    Dans la foulée, le groupe a annoncé dans un communiqué la nomination de Maxime Saada comme directeur général du groupe Canal+, en remplacement de Rodolphe Belmer, numéro deux depuis douze ans et patron des programmes de la chaîne. C’est un signe fort de reprise en main de la chaîne par le groupe de Vincent Bolloré, alors qu’une polémique est née depuis plusieurs jours sur l’avenir des « Guignols » et de la grille de Canal+.

    Précision d’importance, le communiqué écrit que cette nomination s’est faite « sur la recommandation de Bertrand Meheut », dont la rumeur disait ces derniers temps qu’il était sur le départ.

    • Bras de fer avec la direction de Canal+

    Cette décision, qui touche un cadre de premier plan de la chaîne, très respecté en interne, a été annoncée après plusieurs jours de la polémique sur les « Guignols ». Mais derrière ce feuilleton médiatique se jouait une partie plus souterraine, un rapport de force entre le nouvel homme fort de Vivendi et la direction de Canal+, dont M. Belmer.

    La volonté de réforme de la grille des programmes de Canal+ affichée par Vivendi entrait en conflit avec certaines décisions déjà prises par la direction de la chaîne pour la saison prochaine. Par exemple, il y avait une réflexion sur l’adaptation du « Grand Journal », mais le contrat avait été renouvelé avec la même société de production, KM, la société de Renaud Le Van Kim, qui réalise et contrôle l’émission depuis des années. Par ailleurs, Canal+ a racheté la société qui crée les marionnettes des « Guignols »  et l’a accueillie dans ses locaux.

    • Conserver les « Guignols », mais n’exclure aucun changement de grille

    Du côté de Vivendi, on répétait depuis jeudi que la fin des « Guignols » n’était pas une question qui avait été abordée en tant que telle mais comme un élément de Canal+ que le groupe assume de vouloir faire évoluer fortement.

    Comme le reste de la grille de Canal+, la partie diffusée en clair et « Le Grand Journal », « Les Guignols » sont donc susceptibles de connaître des évolutions. Dans l’esprit des dirigeants de Vivendi, son passage à une périodicité hebdomadaire est l’une d’entre elles, mais pas la seule. L’horaire de diffusion pourrait être un autre critère, et l’idée d’un passage en payant, comme produit d’appel pour générer de l’abonnement, existe également.

    Pour Vivendi, la polémique des derniers jours est déplacée : la volonté de M. Bolloré n’est pas de supprimer « Les Guignols » pour des raisons politiques, mais plutôt d’envoyer un message fort à Canal+. Une initiative qui est présentée comme une décision de gestion, mais qui est aussi clairement une façon de secouer le management actuel, et qui a probablement conduit au départ de M. Belmer.

    • Secouer Canal+ et réduire les coûts

    Pour Vincent Bolloré, le groupe de télévision payante et gratuite a certes de bons résultats, mais est confronté à différents défis, en particulier Canal+ France. Les coûts ont ainsi augmenté pour le sport, en raison de l’offensive de la chaîne beIN Sports. De même la concurrence se renforce et change, avec notamment l’arrivée de Netflix. Enfin, les abonnements en France sont stables, voire en léger recul, constate-t-on à Vivendi.

    Pour répondre à cette situation, il faut réformer Canal+, pense le groupe Vivendi, et l’une des solutions est de réduire les coûts. D’où la piste évoquée en comité d’entreprise, vendredi 3 juillet, de favoriser si nécessaire la production interne, au cas par cas. Un message qui peut s’appliquer par exemple au « Grand Journal », produit par la société KM. Une émission qui est jugée coûteuse (100 000 euros par jour, selon Télérama) et dont l’audience se tasse.

    • L’imprévisible Bolloré

    La reprise en main brutale de Canal + par Vincent Bolloré a lieu après une période d’observation de plusieurs mois. Le groupe estime avoir depuis l’automne envoyé des messages demandant des réformes, messages qui ont été insuffisamment pris en compte.

    L’industriel breton est fidèle à sa réputation d’imprévisibilité : quand il est arrivé, tout le monde s’est posé la question de l’avenir de Bertrand Méheut, 64 ans et de Rodolphe Belmer, 45 ans, le duo qui a depuis 2002 redressé la chaîne après l’ère de Jean-Marie Messier. Le premier avait désigné le second comme dauphin, avant de se raviser. M. Bolloré a d’abord conforté M. Méheut, puis il a donné des nouvelles fonctions groupe à M. Belmer, placé à la tête d’une nouvelle division baptisée « Vivendi Contents », chargé de développer de nouveaux formats, avec Canal + mais aussi Universal Music et Studio Canal, la filiale de production. Ce signe de confiance n’a pas empêché qu’il soit sacrifié vendredi.

    Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/07/03/les-guignols-resteront-a-l-antenne-de-canal-a-la-rentree_4669325_3236.html

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